Un opposant arrêté, une organisation suspendue, un média réduit au silence, une nouvelle loi qui resserre un peu plus l’étau. Six mois après les élections générales du 15 janvier en Ouganda, le bureau des droits de l’homme de l’ONU dresse le portrait d’un pays où les espaces de contestation se referment les uns après les autres.
Dans un communiqué publié jeudi, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, accuse les autorités ougandaises d’avoir engagé une répression croissante contre toute voix perçue comme dissidente, tout en laissant s’éroder progressivement l’État de droit. À ses yeux, cette dynamique s’accompagne d’une implication grandissante de l’armée dans des institutions civiles et d’un rétrécissement continu de l’espace civique.
Disparitions, tortures de dizaines d’opposants
Le constat est sévère. Selon les informations recueillies par son bureau, la répression s’est intensifiée depuis le scrutin de janvier contre toutes les personnes considérées comme proches de l’opposition. Une cinquantaine de dirigeants ou sympathisants de partis d’opposition, cinq défenseurs des droits humains et cinq journalistes auraient été victimes de violations des droits fondamentaux.
Les abus recensés vont des disparitions forcées à la torture et aux mauvais traitements, en passant par des arrestations et détentions arbitraires fondées sur des dispositions juridiques que le Haut-Commissaire juge incompatibles avec le droit international des droits humains. Le tableau dessine moins une succession d’excès qu’un système où les outils de l’État sont progressivement mobilisés pour neutraliser la contestation.