Frappé par des attaques meurtrières et désormais gagné par la guerre qui ravage le Soudan voisin, le territoire contesté d’Abyei voit sa fragile stabilité menacée. L’ONU alerte sur les risques d’une extension du conflit, alors que l’avenir de sa mission de maintien de la paix doit être décidé dans les prochains jours.
La guerre civile au Soudan déborde de ses frontières. Le 19 octobre, des frappes de drones ont ravagé le marché d’Amiet, dans le territoire disputé d’Abyei, à la frontière avec le Soudan du Sud. Selon le dernier bilan confirmé par l’ONU, au moins 30 personnes ont été tuées et 59 blessées, un décompte encore provisoire. Un mois plus tôt, des affrontements entre communautés avaient déjà fait 124 morts et 40 blessés dans ce même secteur.
Des attaques de drones au Soudan Sud
Ces violences illustrent un changement inquiétant dans cette enclave que se disputent Khartoum et Djouba depuis l’indépendance du Soudan du Sud du Soudan, en 2011. Jusqu’ici principalement confrontée à des rivalités communautaires, Abyei subit désormais les répercussions directes de la guerre civile soudanaise entre l’armée et les rebelles de Forces de soutien rapide (FSR). Jeudi, lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, à New York, l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour la Corne de l’Afrique, Guang Cong, a pris acte de cette évolution.
« Les attaques de drones du 19 octobre contre le marché d’Amiet sont la dernière conséquence tragique de la propagation du conflit au Soudan », a-t-il déclaré.