Plus de 55 000 Soudanais ont gagné l’est du Tchad depuis le début de l’année, fuyant l’intensification des combats au Darfour et dans les Kordofans. Après trois années et demi de guerre, cette nouvelle poussée frappe un pays qui accueille déjà près d’un million de réfugiés soudanais, au moment même où les financements internationaux se dérobent.
À la frontière entre le Soudan et le Tchad, les arrivées s’accélèrent brutalement. Depuis la semaine dernière, plus de 400 personnes franchissent chaque jour les points de passage d’Adré et de Tiné, dans l’est tchadien. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), c’est vingt fois plus que le rythme quotidien observé au cours des derniers mois.
Dégradation de la situation au Soudan
Cette brusque accélération reflète la dégradation de la situation de l’autre côté de la frontière. Au Darfour, dans l’ouest soudanais, mais aussi dans les Kordofans et l’Etat du Nil Bleu, dans le centre et le sud du pays, les combats, les frappes aériennes et les attaques de drones poussent de nouvelles populations à fuir, tout en compliquant l’accès des organisations humanitaires.
A Tiné, le centre tchadien de transit accueille déjà plus de 4 300 personnes. Certaines arrivent après avoir subi de nouvelles violences sur la route. « Des femmes et des filles ont fait état de graves violations, notamment d’enlèvements et de viols, commises au cours de leur périple depuis le Soudan vers le Tchad, où elles cherchaient refuge », a déclaré Mamadou Dian Balde, directeur régional du HCR pour l’Afrique orientale et australe.
Depuis le déclenchement de la guerre, en avril 2023, près d’un million de Soudanais ont trouvé refuge au Tchad. Le pays est ainsi devenu l’un des principaux réceptacles d’une crise qui a contraint quelque 11,3 millions de personnes à quitter leur foyer : 6,4 millions restent déplacées à l’intérieur du Soudan et plus de 3,5 millions de réfugiés et demandeurs d’asile soudanais ont gagné les pays voisins.