François Patriat, né le 21 mars 1943 à Semur-en-Auxois (Côte-d’Or) et mort le 19 août 2026 à Dijon (Côte-d’Or), est un homme politique français. Il a été conseiller départemental, maire, président du conseil régional de Bourgogne et secrétaire d’Etat puis ministre du gouvernement Jospin : secrétaire d’État chargé des PME, du Commerce et de l’Artisanat, et ministre de l’Agriculture et de la Pêche.
Sénateur depuis 2008, il est parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron. Il préside le groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants (anciennement La République en marche) au Sénat depuis sa création, en 2017, et est membre du bureau exécutif de La République en marche depuis la même année.
Le président de la République Emmanuel Macron a tenu à lui rendre hommage :
Président du groupe RDPI au Sénat, ancien ministre, président de région, élu de terrain, François Patriat s’est éteint. Avec lui, la Nation perd une grande figure de sa vie politique et parlementaire, passionnément attachée à ses idéaux de progrès, de liberté et de conciliation.
Il vit le jour en 1943 dans une famille d’agriculteurs, à Semur-en-Auxois, en Côte-d’Or. Très tôt, il cultiva un attachement indéfectible à cette terre. Après des études en philosophie puis à l’École nationale vétérinaire d’Alfort, il devint vétérinaire – métier qu’il exerça jusqu’en 1981. Il aimait parcourir les communes bourguignonnes, aller auprès des habitants et de leurs animaux, donner un soin.
François Patriat était un homme de terrain autant qu’un homme de conviction. Mendésiste, rocardien, soixante-huitard, il rêvait d’une France qui réforme, qui concilie et qui a le courage de la vérité. En 1976, il conquit alors son premier mandat comme conseiller général de la Côte-d’Or, dans le canton de Pouilly-en-Auxois.
En 1981, il fut élu comme député de la Côte-d’Or, puis réélu en 1986, 1988 et 1997. Fort de son expérience professionnelle et de sa connaissance intime du monde rural, il défendit notamment la loi d’orientation agricole du gouvernement Jospin, attaché à ce que l’agriculture ait un rôle social et environnemental. Son sens de la nuance et du compromis lui permirent aussi de mettre au point un rapport pour une chasse responsable et apaisée, dans un contexte de fortes tensions entre chasseurs et écologistes.
Entré au gouvernement en 2000, comme secrétaire d’État aux Petites et Moyennes Entreprises, au Commerce, à l’Artisanat et à la Consommation, il devint en 2002 ministre de l’Agriculture et de la Pêche, retrouvant ce monde rural dont il connaissait les inquiétudes comme les exigences.
Il n’avait jamais cessé de porter la Bourgogne dans son cœur et savait en défendre les intérêts. Alors il présida le conseil régional de Bourgogne de 2004 à 2015. Il accompagna la région dans ses mutations, toujours fidèle à sa méthode – pragmatique et directe.
Il était de ces artisans du dépassement des clivages, favorable à l’esprit d’entreprendre, attaché à la liberté, à la protection autant qu’à l’unité. Il s’engagea dès 2016 et sans relâche pour En Marche. Il fut à tout instant un compagnon de route loyal de cette aventure, dans les victoires comme dans les épreuves.
En 2017, il devint président du groupe LREM puis RDPI au Sénat. Là, il défendit inlassablement une certaine idée de la France, bâtit un à un les compromis, et tissa des liens de travail, d’amitié et de fidélité dans l’hémicycle. Après avoir annoncé qu’il ne briguerait pas un quatrième mandat, il avait fait ses adieux émus aux sénateurs en juillet. Ceux qui le connaissaient regretteront son franc-parler, sa perspicacité et son humour.
Le Président de la République et son épouse s’inclinent devant la mémoire de François Patriat, qui servit pendant un demi-siècle la France, son Parlement et ses territoires, avec détermination et dévouement. Ils adressent leurs condoléances à sa famille, à ses proches, ainsi qu’à tous ceux qui, au Parlement comme ailleurs, ont cheminé à ses côtés.