Alors que plus de 148.000 personnes ont désormais été déplacées par les combats au Yémen, l’ONU s’inquiète d’une aggravation de la situation sanitaire, avec des risques accrus de choléra, de rougeole et d’autres maladies évitables dans des sites de déplacement déjà surpeuplés.
« Nous savons que des soins obstétricaux et néonatals d’urgence complets ont été suspendus dans deux hôpitaux, à Marib et Ras Al-Arah, car le personnel et les capacités opérationnelles ont été réaffectés à la prise en charge des blessés », a indiqué mercredi à Genève la Dre Annette Heinzelmann, directrice régionale des urgences de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour la Méditerranée orientale.
Selon le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, les humanitaires ont jusqu’à présent fourni une aide d’urgence — notamment de la nourriture, de l’eau et des services d’assainissement, ainsi que des soins de santé — à plus de 125.000 personnes déplacées par les récents combats. Mais les déplacements se poursuivent, de nombreuses familles étant contraintes de fuir à plusieurs reprises à la recherche d’un lieu sûr.
La dengue et la rougeole
Le choléra est déjà présent dans le pays, avec environ 7.800 cas suspects et 22 décès signalés depuis le début de l’année. Les conditions d’eau et d’assainissement précaires dans les sites de déplacement pourraient favoriser sa propagation.
Le pays fait également face à d’autres risques sanitaires. La dengue a été associée à 37 décès et plus de 22.000 cas de rougeole ont été recensés.