L’épidémie d’Ebola qui frappe l’est de la République démocratique du Congo progresse plus vite que toutes celles qui l’ont précédée. Avec près de 4 500 cas confirmés et plus de 2 000 morts, l’OMS redoute désormais qu’elle ne dépasse, si son rythme actuel se maintient, la catastrophe qui avait ravagé l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016.
Plus de 2000 morts de cette souche du virus Ebola
Le constat tranche avec les progrès accomplis depuis la déclaration officielle de l’épidémie, le 15 mai. En moins de trois mois, le virus Bundibugyo, cette souche d’Ebola particulièrement létale, s’est propagé dans cinq provinces et 53 zones de santé. L’Ituri, dans l’est de la RDC, concentre à elle seule environ 90 % des cas et 80 % des décès, avec une transmission persistante notamment dans la capitale provinciale Bunia, ainsi qu’à Rwampara et Nizi.
Selon les estimations de l’OMS, l’épidémie – la dix-septième recensée en RDC depuis 1976 – aurait commencé deux à trois mois avant sa reconnaissance officielle, sans qu’il soit encore possible d’en dater précisément le début. Une enquête épidémiologique et génétique se poursuit pour reconstituer ses premières chaînes de transmission. Dès le mois de mai, l’agence sanitaire des Nations Unies avait averti des difficultés posées par l’insécurité, les déplacements de population et le suivi des contacts dans une région où le virus avait déjà pris plusieurs mois d’avance sur la riposte.
Deux vaccins contre la souche Bundibugyo du virus Ebola en phase de tests
A cette difficulté s’en ajoute une autre : contrairement à la forme d’Ebola provoquée par la souche Zaïre, il n’existe actuellement ni vaccin homologué ni traitement spécifique approuvé contre le virus Bundibugyo.
La recherche avance toutefois à un rythme inhabituel. Deux vaccins conçus spécifiquement contre Bundibugyo sont entrés dans des essais de phase I chez l’être humain. Des études animales ont également montré des signes jugés prometteurs de protection croisée avec Ervebo, le vaccin déjà utilisé contre Ebola-Zaïre. L’OMS recommande désormais de l’intégrer à un essai de phase III en RDC.